» » L'imitation de Jésus-Christ Traduction nouvelle avec des réflexions à la fin de chaque chapitre

L'imitation de Jésus-Christ Traduction nouvelle avec des réflexions à la fin de chaque chapitre

L'imitation de Jésus-Christ
Traduction nouvelle avec des réflexions à la fin de chaque chapitre
Category:
Title: L'imitation de Jésus-Christ Traduction nouvelle avec des réflexions à la fin de chaque chapitre
Release Date: 2018-09-01
Type book: Text
Copyright Status: Public domain in the USA.
Date added: 27 March 2019
Count views: 84
Read book
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 ... 51

L'IMITATION
DE
JSUS-CHRIST,

TRADUCTION NOUVELLE
AVEC DES
RFLEXIONS LA FIN DE CHAQUE CHAPITRE,
PAR M. L'ABB
F. DE LAMENNAIS;

Suivie de la Messe tire de Fnelon et des Vpres du Dimanche.

XLIIIe dition.

PARIS.
ANCIENNE MAISON SAGNIER ET BRAY.
AMBROISE BRAY, LIBRAIRE-DITEUR,
RUE DES SAINTS-PRES, 66.

1859

Ouvrages du mme Auteur:

L'IMITATION DE JSUS-CHRIST, traduction nouvelle,avec des rflexions la fin de chaque chapitre;suivie de la Messe tire de Fnelon et des Vpresdu Dimanche. 1 vol. in-32 diamant.2 fr.
Mme ouvrage, in-32 raisin, papier vlin glac.2 fr. 50
Idem, in-18, papier ordinaire.2 fr. 50
Idem, grand in-18, papier vlin glac.3 fr. 50
Idem, grand in-8o, papier Jsus vlin glac, ornde 4 magnifiques gravures sur acier.12 fr.
JOURNE DU CHRTIEN, ou moyen de se sanctifier aumilieu du monde. 1 vol. in-32.2 fr.
Mme ouvrage, grand in-32, papier vlin glac.3 fr.
Idem, in-18, papier ordinaire.2 fr. 50
Idem, grand in-18, papier vlin glac.3 fr. 50
LE GUIDE DE LA JEUNESSE. 1 vol. in-18.1 fr.
Mme ouvrage, gr. in-18, pap. vl. gl.1 fr. 50
Sommaire: Dangers du monde dans le premier ge.—De lavraie fin de l'homme.—De la fidlit aux devoirs.—De laconfession.—De la communion.—De la dvotion la sainteVierge, aux saints Patrons et aux Saints Anges.—Messe,Vpres du Dimanche.
GUIDE SPIRITUEL, ou le Miroir des mes religieuses,par le V. Louis De Blois; traduit du latin et prcdd'une Introduction. Ouvrage suivi des Maximesspirituelles de saint Jean-de-la-Croix. 1 vol.in-30.80 c.
H. Lazerges del.     A. Leroy sc.

LAISSEZ L CE MISRABLE MONDE, ET VOTRE CŒURTROUVERA LE REPOS.

Imit. Livre II.

AVERTISSEMENT DES DITEURS.

Les personnes qui recherchent avec une prfrence fonde sur le mriteincontestable de la traduction et surtout des Rflexions,l'Imitation de Jsus-Christ de M. l'abb de Lamennais,sont induites en erreur, lorsqu'on leur prsente comme enrichie de cesRflexions la traduction qui a paru sous le nom de M. de Genoude. Cequi a pu accrditer cette erreur, c'est que M. de Lamennais a donn eneffet des Rflexions pour quatre ou cinq chapitres de cette traduction,lorsqu'elle a t publie par les diteurs de la Bibliothque desDames chrtiennes.

PRFACE.

Dcembre 1824.

On ne connat point l'auteur de l'Imitation.Les uns l'attribuent Thomas A-Kempis, les autres l'abb Gersen: etcette diversit d'opinions a t la source de longues controverses,selon nous assez inutiles. Mais il n'est point d'objet frivole pour lacuriosit humaine. On a fait des recherches immenses pour dcouvrir lenom d'un pauvre solitaire du treizime sicle. Qu'est-il rsult detant de travaux? Le solitaire est demeur inconnu, et l'heureuseobscurit o s'coula sa vie a protg son humilit contre notre vainescience.

Au reste, si l'on se divise sur l'auteur, tout le monde est d'accordsur l'ouvrage, le plus beau, dit Fontenelle, qui soit partide la main des hommes, puisque l'vangile n'en vient pas. Il y a,en effet, quelque chose de cleste dans la simplicit de ce livreprodigieux. On croirait presque qu'un de ces purs esprits qui voientDieu face face soit venu nous expliquer sa parole, et nous rvlerses secrets. On est mu profondment l'aspect de cette douce lumire,qui nourrit l'me et la fortifie, et l'chauffe sans la troubler. C'estainsi qu'aprs avoir entendu Jsus-Christ lui-mme, les disciplesd'Emmas se disaient l'un l'autre: Notre cœur n'tait-il pastout brlant au dedans de nous, lorsqu'il nous parlait dans le chemin,et nous ouvrait les critures1?

[1] Luc., XXIV, 32.

On a dit que l'Imitation tait le livre des parfaits: ellene laisse pas nanmoins d'tre utile ceux qui commencent. Nulle parton ne trouvera une plus profonde connaissance de l'homme, de sescontradictions, de ses faiblesses, des plus secrets mouvements de soncœur. Mais l'auteur ne se borne pas nous montrer nos misres;il en indique le remde, il nous le fait goter; et c'est un descaractres qui distinguent les crivains asctiques des simplesmoralistes. Ceux-ci ne savent gure que sonder la plaie de notrenature; ils nous effraient de nous-mmes, et affaiblissent l'esprancede tout ce qu'ils tent l'orgueil. Ceux-l, au contraire, ne nousabaissent que pour nous relever; et, plaant dans le Ciel notre pointd'appui, ils nous apprennent contempler sans dcouragement, du seinmme de notre impuissance, la perfection infinie o les chrtiens sontappels.

De l ce calme ravissant, cette paix inexprimable qu'on prouve enlisant leurs crits avec une foi docile et un humble amour. Il sembleque les bruits de la terre s'teignent autour de nous. Alors, au milieud'un grand silence, on n'entend plus qu'une seule voix, qui parle dusauveur Jsus, et nous attire lui comme par un charme irrsistible.L'me transporte aspire au moment o se consommera son union avec lecleste poux. Et l'esprit et l'pouse disent: Venez. Et que celuiqui coute, dise: Venez. Oui, je viens, je me hte de venir. Ainsisoit-il! Venez, Seigneur Jsus2.

[2] Apoc., XXII, 17et 20.

Que sont les plaisirs du monde prs de ces joies innarrables de lafoi? Comment peut-on sacrifier le seul vrai bonheur quelques instantsd'ivresse, bientt suivis de longs regrets et d'un amer dgot? Oh!si vous connaissiez le don de Dieu, si vous saviez quel est celuiqui vous appelle3, qui vous presse de vousdonner lui, afin de se donner lui-mme vous, avec quelle ardeurvous rpondriez aux invitations de son amour! Venez donc, et gotezcombien le Seigneur est doux4:venez et vivez. Maintenant vous ne vivez pas, car ce n'est pas vivreque d'tre spar de celui qui a dit: Je suis la vrit et lavie5. Mais quand vous l'aurez connu, quand votrecœur fatigu se sera dlicieusement repos sur le sien, il nevous restera que cette parole: Mon bien-aim est moi, et moi lui6. J'ai trouv celui qu'aime mon me: je l'aisaisi, et ne le laisserai point aller7.

[3] Joan., IV, 10.

[4] Ps. XXXIII, 9.

[5] Joan., XIV, 6.

[6] Cant., II, 16.

[7] Ibid., III, 4.

Et vous qui souffrez, vous que le monde afflige, venez aussi, venez Jsus: il bnira vos larmes, il les essuiera de sa main compatissante.Son me est toute tendresse et commisration. Il a port nosinfirmits, et connu nos langueurs8: ilsait ce que c'est que pleurer.

[8] Is., LIII, 3 et4.

L'Imitation ne contient pas seulement des rflexionspropres toucher l'me, elle est encore remplie d'admirables conseilspour toutes les circonstances de la vie. En quelque position qu'on setrouve, on ne la lit jamais sans fruit. M. de La Harpe en est unexemple frappant; coutons-le parler lui-mme.

J'tais dans ma prison, seul, dans une petite chambre, et profondmenttriste. Depuis quelques jours j'avais lu les Psaumes, l'vangile etquelques bons livres. Leur effet avait t rapide, quoique gradu. Djj'tais rendu la foi; je voyais une lumire nouvelle; mais ellem'pouvantait et me consternait, en me montrant un abme, celui dequarante annes d'garement. Je voyais tout le mal et aucun remde:rien autour de moi qui m'offrt les secours de la religion. D'un autrect, ma vie tait devant mes yeux, telle que je la voyais au flambeaude la vrit cleste; et de l'autre, la mort, la mort que j'attendaistous les jours, telle qu'on la recevait alors. Le prtre ne paraissaitplus sur l'chafaud pour consoler celui qui allait mourir; il n'ymontait plus que pour mourir lui-mme. Plein de ces dsolantes ides,mon cœur tait abattu, et s'adressait tout bas Dieu que jevenais de retrouver, et qu' peine connaissais-je encore. Je luidisais: Que dois-je faire? que vais-je devenir? J'avais sur une tablel'Imitation; et l'on m'avait dit que dans cet excellentlivre je trouverais souvent la rponse mes penses. Je l'ouvre auhasard, et je tombe, en l'ouvrant, sur ces paroles: Me voici, monfils! je viens vous parce que vous m'avez invoqu. Je n'en luspas davantage: l'impression subite que j'prouvais est au-dessus detoute expression, et il ne m'est pas plus possible de la rendre que del'oublier. Je tombai la face contre terre, baign de larmes, touff desanglots, jetant des cris et des paroles entrecoupes. Je sentais moncœur soulag et dilat, mais en mme temps comme prt sefendre. Assailli d'une foule d'ides et de sentiments, je pleurai assezlongtemps, sans qu'il me reste d'ailleurs d'autre souvenir de cettesituation, si ce n'est que c'est, sans aucune comparaison, ce que moncœur a jamais senti de plus violent et de plus dlicieux; et queces mots, Me voici, mon fils! ne cessaient de retentir dans monme, et d'en branler puissamment toutes les facults.

Que de grces caches renferme un livre dont un seul passage, aussicourt que simple, a pu toucher de la sorte une me longtemps endurciepar l'orgueil philosophique! Qu'on ne s'y trompe pas cependant: pourproduire ces vives et soudaines impressions, et mme un effet vraimentsalutaire, l'Imitation demande un Cœur prpar. Onpeut, jusqu' un certain point, en sentir le charme, on peut l'admirer,sans qu'il rsulte de cette strile admiration aucun changement dans lavolont ni dans la conduite. Rien n'est utile pour le salut que ce quirepose sur l'humilit. Si vous n'tes pas humble, ou si, au moins, vousne dsirez pas le devenir, la parole de Dieu tombera sur votre mecomme la rose sur un sable aride. Ne croire que soi et n'aimer que soiest le caractre de l'orgueil. Or, priv de foi et d'amour, de quelbien l'homme est-il capable? quoi lui peuvent servir les instructionsles plus solides, les plus pressantes exhortations? Tout se perd dansle vide de son me, ou se brise contre sa duret. Humilions-nous, et lafoi et l'amour nous seront donns: humilions-nous, et le salut sera leprix de la victoire que nous remporterons sur l'orgueil. Quand leSauveur voulut montrer, pour ainsi dire, aux yeux de ses disciples lavoie du Ciel, que fit-il? Jsus appelant un petit enfant, le plaaau milieu d'eux, et dit: En vrit, je vous le dis, si vous ne vousconvertissez et ne devenez comme de petits enfants, vous n'entrerezpoint dans le royaume des Cieux9.

[9] Matth., XVIII,2 et 3.


P. S. On a cru qu'il serait utile de placer la fin deschapitres de l'Imitation quelques Rflexions qui enfussent comme le rsum. Elles tiendront lieu des pratiques du P. Gonnelieu. Ces pratiques, qui furent crites dansun sicle o il y avait encore de la foi dans les cœurs et de lasimplicit dans les esprits, semblent tre devenues insuffisantes dansdes temps malheureux o le raisonnement a tout attaqu et toutcorrompu. On s'est nanmoins efforc d'atteindre, par des moyensdiffrents, le mme but que s'tait propos ce pieux crivain, enfixant l'attention sur les principaux prceptes ou sur les plusimportants conseils contenus dans chaque chapitre.

Nous finirons par un mot sur les principales traductions, faites dansnotre langue, du livre de l'Imitation.

La plus ancienne de celles qui mritent d'tre cites a pour auteur lechancelier de Marillac, et fut publie en 1621. Cette traduction, quise rapproche plus qu'aucune autre du texte original, a, dans son vieuxlangage, beaucoup de grce et de navet: il est remarquable qu'ellen'a t que rarement imite par les traducteurs qui sont venus aprs.

En 1662 parut celle de M. Le Maistre de Saci: elle eut un grand succs.Toutefois ce n'est le plus souvent qu'une paraphrase lgante du texte.Le P. Lallemant, qui publia la sienne en 174010,et M. Beauze, dont la traduction fut imprime en 1788, vitrent cedfaut, mais laissrent encore beaucoup dsirer. Beauze, correct,quelquefois mme lgant, manque de chaleur et d'onction; le P.Lallemant, avec plus de prcision que Saci et moins de scheresse queBeauze, est loin cependant d'avoir fidlement rendu le tour anim etplein de sentiment, l'expression souvent si hardie et si pittoresque del'original. Du reste, l'un et l'autre s'emparrent, sans scrupule, detout ce qu'ils jugrent bien traduit par leurs devanciers.

[10] Il avait alors quatre-vingts ans.

La traduction de Saci a t depuis revue

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 ... 51
Comments (0)
Free online library ideabooks.net