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Les Romanesques comédie en trois actes en vers

Les Romanesques
comédie en trois actes en vers
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Title: Les Romanesques comédie en trois actes en vers
Release Date: 2018-09-03
Type book: Text
Copyright Status: Public domain in the USA.
Date added: 27 March 2019
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EDMOND ROSTAND

LES
ROMANESQUES

COMDIE EN TROIS ACTES
EN VERS
Reprsente pour la premire fois sur la scne de la COMDIE-FRANAISE
le lundi 21 Mai 1884.

QUARANTE-CINQUIME MILLE

PARIS

LIBRAIRIE CHARPENTIER ET FASQUELLE
EUGNE FASQUELLE, DITEUR
11, RUE DE GRENELLE, 11

1911

Tous droits rservs.

OUVRAGES D'EDMOND ROSTAND
Les Musardises, dition nouvelle, 1887-1893,posies350
Les Romanesques, comdie en trois actes, en vers,49e mille350
La Princesse Lointaine, pice en quatre actes,en vers, 44e mille2
La Samaritaine, vangile en trois tableaux, en vers,42e mille350
Cyrano de Bergerac, comdie hroque en cinq actes,en vers, 376e mille350
L'Aiglon, drame en six actes, en vers, 271e mille350
Chantecler, pice en quatre actes, en vers, 150e mille350
Pour la Grce, posie (puis).
Un Soir Hernani, posie1
Discours de rception l'Acadmie Franaise1
Paris.—L. Maretheux, imprimeur, 1, rue Cassette.—4856
A ROSEMONDE
PERSONNAGES
  • SYLVETTE
  • PERCINET
  • STRAFOREL
  • BERGAMIN, pre de Percinet
  • PASQUINOT, pre de Sylvette
  • BLAISE, jardinier

UN MUR, personnage muet

SPADASSINS, MUSICIENS, NGRES, PORTEURS DE TORCHES,UN NOTAIRE, QUATRE BOURGEOIS, ETC.

La scne se passe o l'on voudra, pourvu que les costumes soient jolis.
DISTRIBUTIONS
 189418991901
MlleMlleMlle
SYLVETTEREICHENBERG.HENRIOT.MULLER.
 MM.MM.MM.
PERCINETLE BARGYG. BERR.G. BERR.
STRAFORELDE FRAUDY.COQUELIN CADET.COQUELIN CADET.
BERGAMINLELOIR.LELOIR.LELOIR.
PASQUINOTLAUGIER.BARRAL.LAUGIER.
BLAISEFALCONNIER.FALCONNIER.FALCONNIER.
La musique de scne est de M. GEORGES HE
N. B.—Pour les droits de reprsentation en province ou l'tranger, s'adresser M. R. GANGNAT, agent gnral de la Socitdes Auteurs Dramatiques.

Pour les dtails de mise en scne, s'adresser M. GAILLARD, la Comdie-Franaise.

ACTE PREMIER

La scne est coupe en deux par un vieux mur moussu et toutenguirland de folles plantes grimpantes. A droite, un coin du parc deBergamin; gauche, un coin du parc de Pasquinot. De chaque ct,contre le mur, un banc.

Quand le rideau se lve, Percinet est assis sur la crte du mur,ayant, sur son genou, un livre, dont il donne lecture Sylvette,attentive, debout sur le banc, de l'autre ct du mur, auquel elles'accoude.

SCNE PREMIRE

SYLVETTE, PERCINET.
SYLVETTE.
Ah! Monsieur Percinet, mais comme c'est donc beau!
PERCINET.
N'est-ce pas?… coutez rpondre Romo:
Il lit.
C'est l'alouette, Amour, je te dis que c'est elle!
Vois, le bord des vapeurs lgres se dentelle,
Et l-bas, au sommet rose du mont lointain,
Sur le bout de son pied se dresse le matin!
Il faut fuir…
SYLVETTE, vivement, prtant l'oreille.
Chut!
PERCINET coute un instant, puis:
Personne! Ainsi, Mademoiselle,
Ne prenez pas ces airs effarouchs d'oiselle
Qui de la branche, au moindre bruit, va s'envoler…
coutez les Amants Immortels se parler:
Elle: Amour, amour cher, non, ce n'est pas l'aurore,
Mais c'est, pour clairer ta fuite, un mtore!
Lui: Puisqu'elle le veut, eh bien, soit! ce n'est point
L'alouette qui chante et l'aurore qui point:
Ce reflet, c'est le tien, Cynthia, dans la nue!
Vienne la Mort, la Mort sera la bienvenue!
SYLVETTE.
Oh! non, je ne veux pas qu'il parle de cela,
Ou bien je vais pleurer…
PERCINET.
Alors, restons-en l!
Et, jusques demain refermant notre livre,
Laissons, puisqu'il vous plat, le doux Romo vivre.
Il ferme le livre et regarde tout autour de lui.
Quel adorable endroit, fait exprs, semble-t-il,
Pour s'y venir bercer aux beaux vers du grand Will!
SYLVETTE.
Oui, ces vers sont trs beaux, et le divin murmure
Les accompagne bien, c'est vrai, de la ramure,
Et le dcor leur sied, de ces ombrages verts;
Oui, Monsieur Percinet, ils sont trs beaux, ces vers!
Mais ce qui fait pour moi leur beaut plus touchante,
C'est que vous les lisez de votre voix qui chante.
PERCINET.
La vilaine flatteuse!
SYLVETTE, soupirant.
Ah! pauvres amoureux!
Que leur sort est cruel, qu'on fut mchant pour eux!
Avec un soupir.
Ah! je pense…
PERCINET.
A quoi donc?
SYLVETTE, vivement.
A rien!…
PERCINET.
A quelque chose
Qui vous a fait soudain devenir toute rose!
SYLVETTE, de mme.
A rien!…
PERCINET, la menaant du doigt.
Oh! la menteuse… aux yeux trop transparents!
Je le vois, quoi vous pensez!…
Baissant la voix.
A nos parents!
SYLVETTE.
Peut-tre…
PERCINET.
A votre pre, au mien, cette haine
Qui les divise!
SYLVETTE.
Eh! oui, c'est l ce qui me peine
Ce qui me fait pleurer en cachette, souvent.
Lorsque, le mois dernier, je revins du couvent,
Mon pre, me montrant le parc de votre pre,
Me dit: Ma chre enfant, tu vois l le repaire
De mon vieil ennemi mortel, de Bergamin.
De ce gueux, de son fils, dtourne ton chemin;
Promets-moi bien, sinon, vois-tu, je te renie,
D'tre, pour ces gens-l, toujours, une ennemie,
Car, de tous temps, les leurs ont excr les tiens!
J'ai promis… Vous voyez, Monsieur, comme je tiens.
PERCINET.
Et n'ai-je pas promis mon pre, de mme,
De vous har toujours, Sylvette?—et je vous aime!
SYLVETTE.
Sainte Vierge!
PERCINET.
Et je t'aime, enfant!
SYLVETTE.
C'est un pch!
PERCINET.
Un gros… que voulez-vous? Plus on est empch
D'aimer quelqu'un, et plus il vous en prend l'envie.
Sylvette, embrassez-moi!
SYLVETTE.
Mais jamais de la vie!
Elle saute du banc et s'loigne.
PERCINET.
Vous m'aimez cependant!
SYLVETTE.
Que dit-il?
PERCINET.
Chre enfant,
Je dis ce dont encor votre cœur se dfend,
Mais ce dont plus longtemps douter serait un leurre!
Je dis… ce que vous-mme avez dit tout l'heure,
Oui, vous-mme, Sylvette, en comparant ainsi
Les Amants de Vrone aux deux enfants d'ici.
SYLVETTE.
Je n'ai pas compar!…
PERCINET.
Si!… Mon pre et ton pre
A ceux de Juliette et de Romo, chre!
C'est pourquoi Juliette et Romo c'est nous,
Et c'est pourquoi nous nous aimons comme des fous!
Et je brave la fois, malgr leur haine aigu,
Pasquinot-Capulet, Bergamin-Montaigu!
SYLVETTE, se rapprochant un peu du mur.
Alors, nous nous aimons? Mais, Monsieur Percinet,
Comment a s'est-il fait si vite?…
PERCINET.
L'amour nat,
On ne sait pas comment, pourquoi, quand il doit natre.
Je vous voyais souvent passer de ma fentre…
SYLVETTE.
Moi de mme…
PERCINET.
Et nos yeux causaient en tapinois.
SYLVETTE.
Un jour, l, prs du mur, je ramassais des noix,
Par hasard…
PERCINET.
Par hasard, l, je lisais Shakespeare;
Et—pour unir deux cœurs vois comme tout conspire…
SYLVETTE.
Le vent fit envoler, psst!… chez vous, mon ruban!
PERCINET.
Pour le rendre, aussitt, je grimpai sur le banc…
SYLVETTE, grimpant.
Je grimpai sur le banc…
PERCINET.
Et depuis lors, petite,
Chaque jour je t'attends, et chaque jour plus vite
Bat mon cœur lorsqu'enfin monte, signal bni!
L, derrire le mur, ton doux rire de nid,
Qui ne s'achve pas sans que ta tte merge
Du fouillis frmissant de folle vigne vierge!
SYLVETTE.
Puisque nous nous aimons, il faut nous fiancer.
PERCINET.
C'est quoi justement je venais de penser.
SYLVETTE, solennellement.
Dernier des Bergamin, c'est toi que se lie
La dernire des Pasquinot!
PERCINET.
Noble folie!
SYLVETTE.
On parlera de nous dans les ges futurs!
PERCINET.
Oh! trop tendres enfants de deux pres trop durs!
SYLVETTE.
Mais, qui sait, mon ami, peut-tre l'heure tinte
O Dieu veut que, par nous, leur haine soit teinte?
PERCINET.
J'en doute.
SYLVETTE.
Moi, j'ai foi dans les vnements,
Et j'entrevois dj cinq ou six dnoments
Trs possibles.
PERCINET.
Vraiment, et lesquels?
SYLVETTE.
Mais suppose
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