» » Le moyen de parvenir, tome 1/3

Le moyen de parvenir, tome 1/3

Le moyen de parvenir, tome 1/3
Category:
Title: Le moyen de parvenir, tome 1/3
Release Date: 2018-09-09
Type book: Text
Copyright Status: Public domain in the USA.
Date added: 27 March 2019
Count views: 50
Read book
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 ... 20

LE
MOYEN
DE
PARVENIR.

NOUVELLE DITION.

Augmente d'une Table sommaire des Chapitres.

Caritas inter jocosve regnat Moria.

TOME PREMIER.

A LONDRES.


M. DCC. LXXXI.

DISSERTATION
Qui doit tre lue*.

* Cette dissertation est du savant Bernardde la Monnoye. Elle donne une assez parfaiteconnoissance & une ide assez claire del'Auteur, pour ne devoir pas tre rejette parles Lecteurs, qui veulent s'instruire quand ilslisent.

Le livre, qui a pour titre le Moyen de Parvenir, tant enson espece vritablement original, bien des gens demandent tous lesjours qui en est l'auteur. On sait, n'en pouvoir douter, que c'estFranois Broalde, sieur de Verville, gentilhomme Parisien,& de plus chanoine de saint Gatien de Tours. Les registres de cettecathdrale datent sa rception du vendredi 5 Novembre 1593.

Il a compos, tant en prose qu'en vers, une infinit d'ouvrages, o, l'exception du Moyen de Parvenir, il n'a fait nulledifficult de mettre son nom. Comme cet crit est extrmementlicentieux, il n'a pas voulu tout--fait demeurer d'accord qu'il ft delui. Voici comme il s'en explique, pag. 461 & 462 de sonPalais des Curieux. Cependant je vous avise que, commeici je donne des atteintes plusieurs fautes, j'ai fait unœuvre, lequel est une satire universelle, o je reprends lesvices de chacun. Je pensois vous le faire voir sous un titre qui esttel: le Moyen de Parvenir. Mais on me l'a vol: si que,pour en avoir le plaisir, vous attendrez encore. Je l'ai mis en teltat, que je l'avouerai mien; au lieu que l'exemplaire, dont on m'afait tort, est insolent, & que je dnierois tre de moi, aussiqu'il n'est pas de mon criture; & avec cela il n'est pas de mritepour tre l, cause des convives qu'on m'a rapport qui y sont,pource qu'il y a des contes dsagrables; ce qui n'est pas au mien, oje ne taxe ni moine ni prtre, ni ministre ni nonnain, & n'y apoint de contes qu'on tire telle consquence; mais rencontresjoyeuses, & touches tendantes rformation.

Ce dsaveu, fait pour la forme, n'a pas empch qu'on ne l'ait crl'unique auteur de ce livre. On y reconnot d'un bout l'autre sonstyle & son caractere. Quoiqu'on l'ait repris d'avoir affect, danscet ouvrage, d'crire sans suite; il ne laisse pas d'y marquer dudessein, & de cacher, dans son dsordre apparent, un ordre plus finqu'on ne se l'est imagin. C'est une reprsentation nave desconversations ordinaires. Que trois ou quatre personnes s'entretiennentensemble familirement, elles parleront insensiblement de mille chosesdiffrentes, sans s'appercevoir de la diffrence des sujets. Le marquisde Chtres-Brodeau nous donna, sur ce modle, en 1697 ses Jeuxd'esprit & de mmoire, mais d'un got fort subalterne. J'aiexpos l'ide du Moyen de Parvenir. L'auteur y suppose uneespece de festin gnral, o, sans consquence pour les rangs, ilintroduit des gens de toute condition & de tout siecle, savans laplpart, qui, n'tant l que pour se divertir, causent de tout enlibert, & par liaisons imperceptibles passant d'une matiere uneautre, font des contes perte de vue. La vrit est que, brouillscomme ils sont dans le livre, on a de la peine les y retrouver quandon les cherche; mais il est ais de remdier cet inconvnient par lesecours d'une table sommaire des Chapitres qu'on a faite, en vertu delaquelle il n'y a pas de quolibet, pour mince qu'il soit, qu'on netrouve en son lieu dans le moment.

Le Moyen de Parvenir en est le rpertoire gnral; c'esten cette source que non-seulement Bruscambille & Tabarin ont puis;mais encore Daubign dans son Baron de Fneste, &Sorel dans son Francion.

Un ami trs-docte du docte Saumaise, m'a dit que ce grand homme sedlassoit quelquefois lire le Moyen de Parvenir, &qu'il l'estimoit en son genre. Il m'en a mme appris un fait curieux,qui mrite d'tre rapport. C'est que, dans le tems que monsieurSaumaise toit malade la cour de Suede, la reine Christine, qui l'yavoit fait venir, l'tant all voir, le trouva au lit tenant un livre,que par respect il ferma, au moment qu'il la vit entrer. Elle luidemanda ce que c'toit. Il lui avoua que c'toient des contes un peulibres, que, dans l'intervale de sa maladie, il lisoit pour se rjouir.Ha, ha, dit la reine, voyons ce que c'est; montrez-m'en les bonsendroits. Monsieur Saumaise lui en ayant montr un des meilleurs, ellele lut d'abord tout bas en souriant; aprs quoi pour se donner plus deplaisir, s'adressant la belle Sparre, sa favorite, qui entendoit lefranois: viens, Sparre, s'cria-t-elle; viens voir un beau livre dedvotion intitul, le Moyen de Parvenir. Tiens, lis moicette page tout haut. La belle demoiselle n'eut pas l trois lignes,qu'arrte par les gros mots, elle se tt en rougissant; mais la reine,qui se tenoit les cts de rire, lui ayant ordonn de continuer, il n'yeut pudeur qui tnt; il fallut que la pauvre fille lt tout. MonsieurSaumaise, racontant cette particularit au savant homme, alors fortjeune, de qui je la tiens, lui fit voir le propre exemplaire qui avoitt le sujet de cette plaisante scne, & le lui donna.

Tout ce qu'on peut dire l'avantage de cet ouvrage, c'est qu'il a tune source intarissable de bons contes, proverbes & mots plaisanspour nous & nos successeurs. Il n'est enfant de bonne maison quin'en bgaie tort & travers quelque lambeau; bien ou mal plac,n'importe. Mais aussi Verville ne s'est pas livr sa seuleimagination dans la formation de ce livre plein d'imagination.

Une remarque particuliere, sur le Moyen de Parvenir, c'estque le mot car, par o il commence, n'y est dans la suite rpten nul endroit.

Bayle nous a donn un lger article de Franois Broalde sieur deVerville, & un autre de Mathieu Broalde, pere de Franois.Mathieu, originairement catholique, fut, vers 1550, prcepteur d'HectorFrgose, fils de Csar Frgose & de Constance Rangon. Le Bandel enparle avec loge, dans l'ptre ddicatoire de la 63e.Nouvelle du 3e. tome. MesserMatteo Beroaldo, Parigino, (dit-il) huomo non solamente nellalingua latina e greca eruditissimo, m nell'hebrea anchora, e neglistudii filosofici essercitato, e precettore del nostro signor HettorFregoso, dal re christianissimo nomato al summo pontefice per vescovodi Agen. Et dans l'pitre ddicatoire de la nouvelle suivante.La novella f narrata qui tr noi daldottissimo messer Matteo Beroaldo, precettore del nostro gentilissimosignor Hettor Fregoso.

Le calvinisme commenant alors s'tablir Agen, Mathieu Broalde,Jules-Csar Scaliger & quelques autres savans, alors habitans decette mme ville, goterent la nouvelle religion. Mathieu Broalde enfit profession ouverte, quelques annes aprs, & fut mme ministre Genve. Il toit neveu de Vatable, & avoit des livres rares &exquis, lesquels furent la plupart vendus & disperss aprs samort. Quelques-uns cependant demeurerent son fils, qui, dans un temsde troubles, tel que celui o il vivoit, eut peine les conserver. Ilen regrettoit un, surtout, imprim, dit-il, la Chine, que JosephScaliger, qui il l'avoit prt, lui retint. Il en dit un mot dans sonMoyen de Parvenir, tome II. chap. XXI. intitulSommaire, & en parle plus au long & plus srieusement,sur la fin de son Palais des Curieux.

Il toit pote, chimiste, mdecin, philosophe, grammairien,mathmaticien. Ses ouvrages, dont nous avons un grand nombre, sontpresque tous ou romanesques ou chimiques, ou tous les deux, tel que sonVoyage des Princes Fortuns, livre ennuyeux la mort, auchapitre prs qui contient l'histoire du roi Eufrantis, & de sonfavori Spanio. On la peut voir toute entiere, dans les remarques deSorel, sur le Xe. livre de son BergerExtravagant. Claude Barthelemi Morisot, avocat au Parlement deDijon, l'a mise en latin, en ayant seulement chang les noms, & l'ainsre dans son Veritatislacrima, petite satire que les jsuites, qu'il y maltraitoit,firent brler publiquement Dijon, par arrt du mme parlement, le 4Juillet 1625. On dit que, ce Voyage des Princes Fortunsn'ayant point eu de dbit, Verville composa, pour ddommager sonlibraire, le Moyen de Parvenir, dont il s'est fait desditions sans nombre. Le titre seul excitoit la curiosit. C'estassurment un livre singulier. L'auteur y parot fort dsabus de lapierre philosophale, dont il avoit t long-tems entt. Pour sareligion, l'on ne peut douter qu'tant fils d'un ministre de Genve, iln'ait t lev dans la prtendue rforme. De huguenot, aprs la mortde son pere, il se fit catholique: mais en juger par son Moyende Parvenir; qui fut un de ses derniers ouvrages, il est ais devoir que, s'y moquant comme des Catholiques & des Huguenots, iln'toit ni l'un ni l'autre.

Sa retraite Tours, o apparemment il est mort, l'a fait mettre parl'abb de Maroles, page 255. de la partie de ses Mmoires,au nombre des illustres Tourangeaux. Le mme abb lui donne pourcompagnon de posie enjoue, le nomm Gui de Tours, qui en effets'appliqua peu de tems aprs que le Moyen de Parvenir eutparu, en tourner quelques contes en vers franois. Ce sont desmanieres d'pigrammes. Je les ai vues, rien n'est plus sec.

SOMMAIRE
DES CHAPITRES.

TOME PREMIER.

I. Qui sert d'exorde ce discours clair &intelligible, intitul: Moyen de Parvenir; satyrise lesgometres, les gographes & les chronologues; prpare le lecteur l'assemble de ces illustres fous, qui, de section en section,donneront de plus en plus des preuves de leur folie stganographique.Les interlocuteurs s'engagent se revoir chez le bonhomme, pour yfaire festin. Invective contre ceux qui donnent lgrement leur parole.

Guillaume qui fait jurer pour lui, Page 3.

Honnte dmenti de Coguerean, p. 4.

Seigneur de paroisse qui ne refuse rien, p. 5.

II. Satyre contre les grammairiens latins, sihrisss par-tout qu'on ne peut en aborder, sans tre sr d'tredchir par l'pine; & contre les pindariseurs de la languefranoise.

L'assesseur pindarisant, p. 6.

III. A l'ajournement chez le bon homme, aucun desconvis ne manque, & tous en entrant dans la salle se saluent.Satyre contre les rvrencieux. Description de la salle. Critique dePlaton.

IV. Eloge de toute l'assemble, dans un style sisingulier, qu'on ne sait s'il l'injurie ou la loue. Cet loge esttermin par l'apologie de madame (la belle inconnue) dont beaucoup debien est dit.

V. Les flaccons de vin toient au frais. Sortievigoureuse contre les buveurs d'eau tiede, les sots table, & lestimides en conversation. Histoire de la dcouverte de la vrit aufond d'un puits par Dmocrite. Raison pourquoi le vin s'avale pluspromptement que le pain. Vin rpandu est le plus grand malheur. Originedu proverbe: vessies sont des lanternes.

Sermon du cur, page 10.

Dmocrite qui trouve la vrit dont un puits, p. 12.

VI. Socrate fut charg de l'emploi de matre descrmonies. On y vit arriver Alexandre revenu de chez lesGymnosophistes, Aphtonius, Bodin, Pythagore, Pline, Dmosthenes,Aristote, Rabelais; Cusa & Jean Hus se placent; digressionplaisante sur la future destine de ce livre.

L'archidiacre grand gourmand, p. 15.

Moine circonspect au pied de la potence, p. 16.

VII. Le repas commence. A propos de repas, savante& profonde dissertation sur les pets, & histoire des petsmusqus de la belle Imperia avec le gentilhomme de Lierne.

Naissance de la couronne impriale, p. 23.

De Lierne couch avec la belle courtisanne peteuse, page 24.

Naissance des orties, 26.

VIII. L'histoire de la belle Marciole qui ramasse,toute nue, les cerises qu'elle avoit apportes au sieur de la Roche.Les plaisirs indiscrtement priss des regardans, & la somme que labelle emporta, font le sujet de cette section.

Marciole ramassant les cerises, p. 27.

Prudence de l'abbesse de Montfleury, p. 33.

IX. Il est bien intitul coq--l'ne; chacun,rempli de l'histoire de Marciole, raisonne sur son cela, &pourquoi cela est appell cela. Plaisanterie d'un mdecinvisitant une fille malade.

Mdecin examinant une malade, p. 35.

X. L'auteur annonce clairement ses lecteurs ladifficult de lire ce livre, dont toutes les phrases sont cousues parle hazard: l'exemple du bon homme Guyon, qui mettoit dans une grandeterrine tout ple-mle ce qu'on lui donnoit boire & manger, estune comparaison sense de cet ouvrage. Analyse d'une dissertation d'unprieur de Vau-de-Vire, sur le mot cela. Homme & femme sonthonteux de montrer leur cela, selon la petitesse de l'un ou lagrandeur de l'autre. Le dialogue d'Hippolite & de son amantvis--vis sa mere, mrite l'attention de ceux qui aiment de la chaleurdans les dialogues. Histoire de monsieur de la Rose, qui, pour semoquer des notaires, fait passer des pois pardevant eux.

Guyon qui mangeoit & buvoit ple-mle, page 36.

La belle Hippolite qui se chauffoit la parisienne, p. 39.

Pois passs pardevant notaires,

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 ... 20
Comments (0)
Free online library ideabooks.net